Damien Mac Donald - Les Délices


Pour célébrer les 500 ans de l’arrivée au paradis de Jérôme Bosch, l’artiste Damien MacDonald a choisi de créer 500 dessins-hommages.

Reprenant l’obsession du peintre hollandais du moyen âge pour la miniature et la profusion de détails, l’exposition amène le visiteur dans un véritable labyrinthe de symboles. Naviguant entre les créatures hybrides, mélangeant les époques, jubilant de la multiplicité, Damien MacDonald trame un poème visuel.

Reprenant la liberté de ton du peintre du moyen âge, il s’autorise toutes les allégories, glissant d’univers parallèle en univers parallèle, recoupant autant passé géologique que futur lointain.

Le microcosme créé par les 500 dessins, montre de multiples états d’être, de la damnation aux délices.


Ouverture du mercredi au samedi de 14h à 20h
Ou sur rendez-vous: 24b.paris@gmail.com - 06 86 93 84 69

Pourquoi les Délices
« Les hommes sont nés des larmes du dieu solaire. » Mircea Eliade
Nous vivons dans le Chaos et nous cherchons le Naos. Le Naos est la salle secrète des temples de l'Egypte ou de la Grèce Antique. Mes dessins sont tracés à l'encre de Chine, et forment un labyrinthe qui mène, je l'espère, au cœur du Naos. Heurté par la fragmentation du monde actuel, je cherche à opérer ce que l'informatique nomme une « défragmentation », c'est à dire une analyse progressive du Chaos de la mémoire vive. Jérôme Bosch est la drogue la plus puissante que j'ai jamais prise.
Il y a dans ma pratique du dessin un mélange de compulsion et de lâcher prise. Je crois au Wuwei des chinois, le non-agir. Pourtant j'aime oeuvrer sans discontinuer. Pour moi, le Wuwei rejoint Lautréamont lorsqu'il dit «Lutter contre le mal, est lui faire trop d'honneur.» Parler de l'enfer, de la violence, de la guerre me paraît essentiel, mais je désire le faire comme Jérôme Bosch, sans lutter, sans sadisme. Au fur et à mesure de la réalisation de cette exposition je pense beaucoup à un passage de l'histoire des croyances et des idées religieuses de Mircea Eliade. Plus précisément à son explication de l'usage initiatique des Tjurunga, du peuple Arrenrnte, des Aborigènes d'Australie. Le Tjurunga est un objet sacré utilisé dans le rituel initiatique. Eliade explique : «Les Tjurunga sont cachés dans des grottes ou enterrés dans des lieux sacrés, et ne sont communiqués aux jeunes hommes qu'à la fin de leur initiation. Chez les Aranda, le père s'adresse à son fils en ces termes : « voici ton propre corps duquel tu es sorti par une nouvelle naissance », ou : « C'est ton propre corps. C'est l'ancêtre que tu étais quand, durant ton existence antérieure, tu pérégrinais. Puis tu descendis dans la grotte sacrée pour y reposer. » Mes dessins veulent être des Tjurunga. Dans l'idéal, ils doivent proposer un corps antérieur, ou un corps d'incarnation future.
La quête de transmutation est partout présente chez Bosch. Michel de Certeau l'a merveilleusement débusqué. Il écrivait : «Il y a de l'alchimie dans le tableau, mais elle effectue la «conversion» (ou, comme on disait, la putrefactio, decoctio, et exaltatio) de ce vocabulaire encyclopédique, alors que la lecture réduit d'abord l'image à un graphe et fait ensuite de celui-ci l’expression d’un savoir caché. En reprenant les signes qui logent dans son tableau toutes les curiosités scientifiques de son temps, Bosch les fait fonctionner autrement, tout comme les divers fragments du monde qu'il rassemble dans le non-lieu de sa peinture. Il en fait un jardin. » Cette passion encyclopédique du détail est une drogue familière pour les esprits que nous sommes de nos jours, voyageurs du wiki, intoxiqués de l'intrication. Est-ce qu'il y a un jardin dans la cornue, ou une cornue dans un jardin, la question reste entière. Ce qui est certain, ce sont les délices.
Damien MacDonald

JEUDI 2 FÉVRIER - UN VERNISSAGE ET UN LANCEMENT DE ROMAN


ACTES SUD ET LA GALERIE 24B
ONT LE PLAISIR DE PRÉSENTER LE NOUVEAU ROMAN DE SEAN ROSE «LE MEILLEUR DES AMIS» DANS LE CADRE DU VERNISSAGE DE "Les Délices".



Né en 1969 à Saïgon, d’une mère vietnamienne et d’un père anglais, Sean Rose vit à Paris.Journaliste littéraire et critique d’art, il a collaboré à de nombreux médias (France Culture, Libération, Lire, Les Inrocks, France 24, Livres hebdo...). Son premier roman, Et nos amours (Denoël), est paru en 2009.
"Le Meilleurs des Amis":
Vingt ans après un rendez-vous manqué, un homme s’apprête à retrouver l’ami qu’il a trahi et qu’il n’a pas revu depuis. Du temps de leurs études à Paris, i- baut et lui ont tout partagé, y compris une passion pour Camille, promise au premier. Au milieu des vignes du domaine familial de Ibaut, attendant de le revoir, le narrateur est assailli de souvenirs aussi réels que la brume qui se lève, le vent sur la  joue, la lumière dans les arbres.
« [Une] romance profonde et mélancolique [où] l’amour sème le trouble. » Monique Pétillon, Le Monde
«  Un très beau récit servi par un style aérien et dansant. » Claire Julliard, L’OBS
« Sean Rose réfléchit au rôle du premier amour dans une destinée. Nous suivons volontiers son narrateur car le regard qu’il porte sur le monde est littéraire. […] La vie littéraire est ailleurs : les pages que l’on lit, celles que l’on écrit, parfois dans la douleur, sont plus vraies que la réalité. »  Annick Geille, Service littéraire
« Ce qui séduit dans le style à la fois chic et raffiné de Sean Rose, c’est cette façon de tirer ses personnages vers le haut. Là où les amours sont plus fidèles qu’infidèles et où l’érotisme est une mystique. Où la trahison n’est pas qu’une vulgaire traîtrise, la désertion pas seulement une lâcheté ordinaire. Là où l’on se laisse porter par“les courants d’une attirance indicible” » Véronique Rossignol, Livres Hebdo

MARDI 21 FÉVRIER 2017, 19H - RÉCITAL ET LECTURES AVEC L’ARTISTE


LAURENT CAMATTE

En collaboration avec les solistes de l’ensemble Multilatérale, la galerie 24B a commencé à présenter un ensemble de déambulations musicales à travers des expositions d’artistes contemporains, de manière à croiser les disciplines, les regards et les sensibilités. Dans ce deuxième volet, les oeuvres de Damien MacDonald dialogueront avec les oeuvres interprétées par Laurent Camatte.

LAURENT CAMATTE :

Á l’issue de ses études au C.R.R. de Marseille qui le couronne de cinq Prix (Alto, Musique de chambre, Formation Musicale, Harmonie et Contrepoint),
Laurent Camatte intègre le C.N.S.M de Paris et obtient un prix d’alto (1999 - classe de Bruno Pasquier), puis d’analyse musicale (2002 - classe de Michael Levinas), ainsi qu’un diplôme de Formation Supérieure. Il est également lauréat des concours internationaux d’Alto d’Epernay (1996), Jean Françaix (1998), ainsi que du Prix international Edmund Pendleton (2003).

oeuvres musicales:

Marco Momi - due nudi

Pascal Dusapin - Inside

Yann Robin - Draft III

Samuel Andreyev - Midnight audition

Salvatore Sciarrino - Tre notturni brillanti

Ricardo Nillni - Dressing viola

http://www.laurentcamatte.com

VENDREDI 24 FÉVRIER 19H, SAMEDI 25 FÉVRIER 16H & 20H - TEXTE DE TARTAR(E) - JOUR NOIR

Comédien: Ibrahima Bah / Mise en scène Éric Burbail / Illustration sonore : Dadoo Daniel

Dans le cadre de l’exposition, la Galerie 24b présente aussi une pièce de théâtre autobiographique d’Ibrahima Bah. Amis d’enfance, qui se sont rencontrés par le cinéma, Damien MacDonald et Ibrahima Bah font à nouveau se croiser leurs chemins. Ainsi à l’occasion de cette exposition une pièce de théâtre autobiographique d’Ibrahima Bah sera présentée dans le cadre de l’exposition. Une manière de célébration de l’amitié, de la vie, de la résistance.

IBRAHIMA BAH

Artiste guinéen, Ibrahima est venu au théâtre à travers le cinéma, interprétant l’un des deux rôles principaux du lm «Quelque part vers Conakry» de Françoise Ebrard (sélection caméra d’or et quinzaine des réalisateurs, Cannes 1992). Ensuite, Ibrahima Bah partage les aventures artistiques de la Cie Générik Vapeur, l’Agence Tartare, Cie Les Cartoon Sardines, Le Théâtre O , Cie Ilotopie. Il vit depuis 2009 à Toulouse et a été programmé aux festivals Paroles d’Hiver (Côtes d’Armor), Contes Givrés (Bourgogne), au Théâtre du Grand Rond (Toulouse), à Lourmarin (82), au Lavoir Moderne Parisien. Dernièrement, il a rejoint la Cie itinérante AGIT pour La boucherie de l’espérance de Kateb Yacine.

2014 : Sankara Mitterand (mise en scène François Fenher) et rôle dans le lm «Les Ordres» de Lea Fenher.

CONTACT Coordination : Marie Séguret : 06 44 22 74 77 marieseguret@clap-prod.com



«Cette plongée dans la Guinée de 2009, à travers son ambiance visuelle, sonore et olfactive, nous amène en douceur vers la brutalité sinistre du massacre du 28 septembre 2009, quali é par les ONG de crime contre l’humanité. Le spectateur est porté par le texte truculent et poétique de Jean-Georges Tartare, et secoué par la force émotionnelle véhiculée par le comédien, témoin et survivant du drame.

Dans ce one man show autobiographique, Ibrahima Bah raconte son parcours de Conakry à Toulouse, mais aussi sa découverte de Cannes et de l’occident, des années avant son exil, alors qu’il démarrait tout juste, à 17 ans, dans le métier d’acteur. La puissance de l’histoire qui s’incarne dans ce témoignage, non sans des pointes d’humour parfois grinçant, perfore le spectateur. Elle lui assène un immense coup au cœur. Impossible de ressortir de la représentation indemne.» Armelle Parion