ALI REZA KARAMI
Né à Kermanshah en 1949

Depuis son plus jeune âge, Ali Reza Karami manie indifféremment le calame et le pinceau. Si la calligraphie représente l’aspect esthétique de l’écriture persane qui s’appuie depuis de nombreux siècles sur la littérature et la poésie, la peinture-calligraphie en tant que telle n’existe en Iran que depuis la fin des années 1950, date de création du mouvement « Saqqakhaneh » par Hossein Zenderoudi, qui chercha à créer un pont entre la tradition et la modernité. Les peintres-calligraphes ont du braver les idées affichées par les puristes, qu’ils soient maîtres traditionnels de la calligraphie, qui la voient comme un égarement de son essence et la destruction des valeurs, ou bien les peintres qui la considèrent comme de la calligraphie pure qui ne peut avoir sa place parmi les œuvres d’art contemporain.

Chez Karami, la convergence calligraphie-peinture a toujours existé. En 1986, après des études d’architecture d’intérieur, il débute son apprentissage auprès des maîtres calligraphes Abbas Aref et Nezamol’ulema et il obtient le niveau d’enseignement le plus élevé de la Société de Calligraphie d’Iran. Parallèlement, il continue de peindre, et ces deux disciplines lui donnent toute satisfaction. Avec la calligraphie, il est dans l’art de la patience, dans le rythme, l’harmonie de l’ordre géométrique et de la proportion ; avec la peinture, il est dans la couleur, la liberté du geste, le travail sur la matière. Tout réside dans le juste milieu : atteindre l’équilibre parfait entre calligraphie et peinture. Dans ses grandes toiles à l’huile et à l’acrylique, calligraphiées en Nastaliq ou Shekasteh Nastaliq, Karami cherche à créer un élan qui irait de la calligraphie à la surface, de la surface à la texture, pour arriver à la composition générale dans l’espace et enfin à la peinture. Illustrations de vers de poésies de Hafez ou Sepehri, ou jeux de métamorphoses sur les lettres, qui en changeant légèrement de morphologie changent de sens, Karami choisit ses couleurs pour refléter les états d’âme liés aux sujets.

Grâce à des artistes comme Zenderoudi, Ehsai ou Karami, la peinture-calligraphie a, aujourd’hui, trouvé sa place dans l’art iranien. 

Plus d’une quinzaine d’expositions individuelles ont été consacrées à Ali Reza Karami en Iran, et il a participé à de nombreuses expositions collectives à l’étranger (Italie, Canada, Royaume-Uni).