Aurelio Fort. Mater matière.

Point à la ligne d’une corde en tension.

Chevalier seul avec chien rôdeur. « Il était un demi-loup, rejeté, avec lequel j’explorais les bois, un de mes rêves ». Contact avec Aurelio Fort. Un repas chaud au milieu des montagnes, chez lui. Coin-confins entre la communauté de montagne et la forêt des sapins qui, très haut, t’amènent à toucher le ciel. Chapelle-ciel, contrainte parmi les crêtes dentelées des Dolomites, ouvre l’imaginaire au-delà des sommets à surmonter avec un fil. « Kilomètres et kilomètres de fil comme possibilité expressive d’un hyper enveloppement faux. Cordon historique jamais circulaire qui compense le désir de conciliation avec ses propres origines ». Coulisse où le temps défile. « Je commence à coudre il y a vingt ans. Le fil traverse et soude morceaux de mon temps, photos, radiographies, dessins ». Coutures dures comme cardages. « La machine à coudre dégage les sentiments de culpabilité de classe sociale.  C’est une machine à coudre du 19 ième siècle. C’était la machine à coudre que ma grand-mère utilisait pour fabriquer les semelles pour marcher, en Frioul ». Clous. « J’ai était cloué au lit pour longtemps. Je ne pouvais pas jouer au football, ni bouger. Parmi mes jeux j’ai développé le tricot. C’est peut-être à ce moment-là que la magie des fils et des points fixés aux feuilles de papier a germée ». Calcul combinatoire des configurations presque infinies. « Comme un petit cordon en laine peut produire plusieurs trames, le fil est une source inépuisable de formes ». Conceptuel. « Vomi graphique inconscient. Le signe perd sa propriété scripturale et il ne décrit que du mouvement. Le fil entre sort de la matière en traçant des lignes des nœuds des circonvolutions, des mélodies chamaniques ». Culture matérielle comme expérience du geste. Du mouvement découle l’intuition pour comprendre la matière. « Pendant le travail du fil il faut assumer l’attitude de l’engagement manuel ». Culture matérielle est culture paysanne même dans l’autre côté de la montagne, à Münich, à l’époque de la barbe négligée. « Ville où circulait l’éco de l’ensemble CO.BRA, où les artistes cohabitaient dans hangar-ateliers en réaction aux loft-factory américains de la Pop-Art. Hors de la ville on respirait nuages de malt, recueillies par des agriculteurs qui cultivaient la matière à la recherche du début du monde ». Connaissance, c’est-à-dire matière comme matrice. « La matière suggère sa propre re-signification. C’est un cosmos des sens. L’expérience n’est pas provisoire, elle est constante dans l’exercice acharné et cohérente qui aboutit à la complexité des choses et à leur transmutation dans le temps, imprenable. Conscience de l’agir. « Si le rythme du geste est toujours le même, il provoque cependant des formes différentes. Comme celui de la corde posée par les mains sur la terre ». Convergence des mouvements qui greffent d’autres mouvements dans la répétition des cadences quotidiennes dissoute en déchets de fil. « C’est un rythme bien connu par le corps qui procède autonome sans embrouiller le fil. Mémento spirituel qui puise au savoir-faire artisan, lorsqu’on arrive à la coïncidence entre vision et manufacture. J’ai l’appris par les pêcheurs de San Benedetto del Tronto, pendant qu’ils me parlaient en déroulant les filets, leurs regards tournés vers la mer ». Coriolan, générateur de soi-même. Se conformer au système de l’art urbain ? «Collection, corpus des pièces à assembler. Miami, Canada 1995». Conflit. « L’art n’est rien, mais c’est ton rien. Ce qui compte c’est le temps long de l’art. La mission de l’art c’est transvaser le temps dans l’objet. Temps vide, presque temps perdu. Apnée ». Copie mortelle. Flash. « Camera fixe. Le même paysage inutile, déclic tous les matins après un verre d’eau ». Crible collectif qui tue l’instant. « Avec 2 artistes et 2 photographes de concerts, allemands, frappons à la porte armés d’une polaroid. 1987. Photographie comme instrument de relation et action comme document de présence. Nous passons au crible et nous enregistrons un village entier, de minuit jusqu’à minuit. 970 portraits. L’image allait disparaitre après une poignée d’années ». Collant catabatique. Vent froid confond les contours alors qu’il capte feuilles, éboulis, filaments. Choses comprimées, desséchées, congelées. Coriace. Matière qui devient surface cuirassée, lisse ou frisée par des souffles de grésil. « Condenser fragments pour renfermer le temps de métamorphose de la matière ». Couverture de voyage, manteaux des chutes d’étoffes montées à sec. « Tentes, abris portables pour l’homo vagus. Humanité repoussée par la guerre, par l’iniquité. Mouvement forcé, pas mouvement nomade ». Chiffons suspendus comme des tableaux, fripés et allongés, réunis par des câbles à une unique cime. Cargo léger pour charges lourdes. « Tas des cailloux imprimés par les mots de la Résistance. Belluno 2013. Un travail à plusieurs mains, déporté au fleuve, de nuit. » Calques de mémoire-présente qui résistent dans l’interstice indéfini du va-et-vient des vagues. Côtes battues, no man’s land. Clandestin pas consultable. « Carnet secret de piles de notes, d’études, emprisonnés et superposés l’un sur l’autre par les enchevêtrement de fils blancs. Effacements des pensées pour ne pas laisser des traces. Cavité. Etre dans la conche. Être dans la conche. « Compromis acceptable, avec la lumière zénithale du ciel et l’illumination brutale du laboratoire. L’espace est expression du temps. Pas le temps d’un résultat compliqué. Le temps que je consacre au travail manuel ». Couloirs. « Fers pliés et liés forment des chainettes disposées comme des murs ouverts. Murs percés par les yeux parmi les plis du fil ». Corolles, couronnes empilées comme des tours, précaires.  Chevelure en tissu dessinant des paysages. « Cinq cents résidus d’étoffe mouillés séchés déformés d’une certaine façon et dispersés. Un processus invisible mais structurel ». Couleur. « Je ne suis pas un coloriste. J’ai une perception de la couleur, mais je ne la recherche pas ». Coutumes. Silhouettes aériennes d’un discours dicté par le temps autour de l’idée de l’espace. « Durant les derniers quinze ans, j’ai appris les matériaux souples. Le fer je le manipule comme un vêtement dans l’acte d’entourer un corps, comme je l’ai découvert derrière les scènes avec Pia Rame ». Consonnances ouvertes. « Les pièces déclenchent et enchainent des histoires sans queue ni tête ». Casiers à injection. « Les légendes des pièces sont des poisons introduits pour détourner les associations et retourner sur la pièce. Ils n’existent pas hors des nécessitées mercantiles supposées ». Conduite du théâtre pour constellations des chefs d’œuvres.  « Colloquer les manufacturés pour les montrer, c’est composer la mise en scène pour itinéraires quasi- théâtrales, tirés parmi les champs énergétiques allumés par des accents pictographiques muets ». Comme corps crus

 

 

Aurelio Fort. Mater materia. 

Punti a capo di una corda in tensione. 

Cavaliere solitario con cane selvaggio.  “Era un mezzo lupo, reietto, con cui esploravo i boschi, un mio sogno”.  Contatto con Aurelio Fort. Un pasto caldo in mezzo alle montagne, a casa. Casa-confine tra la comunità montana e la foresta di abeti che, altissimi, ti portano a toccare il cielo con un dito. Cappella-cielo costretta entro le vette seghettate delle Dolomiti apre l’immaginario oltre sommità da sormontare con un filo. “Chilometri e chilometri di filo come possibilità espressiva di un iperavvolgimento non esatto. Cordone storico mai circolare che compensa il desiderio di conciliazione con le proprie origini”. Coulisse dove scorre il tempo. “Comincio a cucire venti anni fa. Il filo attraversa e salda pezzi del mio tempo, foto, radiografie, disegni”. Cuciture dure come cardature.  “La macchina da cucire libera i sensi della colpa di classe. È una macchina dell’Ottocento. Era la macchina da cucire con cui mia nonna fabbricava suole per camminare, in Friuli.” Chiodi. “Sono stato inchiodato al letto per diversi anni, non potevo giocare a pallone, non potevo muovermi. Tra i miei giochi ho sviluppato il lavoro a maglia. Forse in quel momento è germogliato l’incanto del filo e dei nodi fissati al foglio”. Calcolo combinatorio di configurazioni quasi infinite. “Come un cordoncino di lana può produrre trame differenti, il filo è fonte inesauribile di forme”. Concettuale. “Vomito grafico inconsapevole. Il segno perde la sua proprietà scritturale e descrive solo movimento. Il filo entra esce dalla materia disegnando linee nodi circonvoluzioni, melodie sciamaniche”. Cultura materiale come esperienza del gesto. Dal movimento scaturisce l’intuizione per comprendere la materia. “Nel lavorare il filo devi disporti mentalmente nell’attitudine del lavoro manuale”.  Cultura materiale è coltura contadina anche oltre le montagne, a Monaco, ai tempi della barba lasciata incolta. “Città dove circolava l’eco del gruppo CO.BRA, si coabitavano hangar-atelier in risposta ai loft-factory del pop americano. Fuori città si respiravano nuvole di malto raccolte da agricoltori che coltivavano la materia per trovare il principio del mondo”. Conoscenza, ossia materia come matrice. “La materia suggerisce un suo risignificato. È un cosmo di sensi.  L’esperienza non è provvisoria, è costante nell’esercizio assiduo e coerente di un controllo percettivo teso a cogliere la complessità delle cose e il loro trasmutare nel tempo, imprendibile.”  Consapevolezza dell’agire. “Il ritmo del gesto può essere sempre lo stesso, ma esso dà forme sempre diverse. Come la corda adagiata dalle mani sulla terra.” Convergenza di movimenti che innestano altri movimenti nella ripetizione di cadenze quotidiane dissolte in cascami di filo. “È un ritmo conosciuto dal corpo che procede autonomo senza ingarbugliare il filo. Memento spirituale che attinge alla maestria artigiana, quando si arriva alla coincidenza tra visione e manifattura. Me lo hanno insegnato i pescatori di San Benedetto del Tronto, mentre mi parlavano svolgendo le reti con lo sguardo rivolto al mare.” Coriolano, generatore di se stesso. Conformarsi ai sistemi dell’arte urbana? “Collezione, corpus di opere da mettere insieme. Miami, Canada 1995”. Conflitto. “L’arte è niente, ma è il tuo niente. Ciò che conta è il tempo lungo del lavoro dell’arte. Compito dell’arte è travasare il tempo nell’oggetto. Tempo vuoto, quasi tempo perso. Apnea”. Copia mortale. Flash. “Camera fissa. Stesso inutile paesaggio, uno scatto ogni mattina dopo un bicchiere d’acqua”. Cribo collettivo che uccide l’attimo. “Con 2 artisti e 2 fotografi di concerti, tedeschi, bussiamo alla porta armati di polaroid. 1987. Fotografia come strumento di relazione e azione come documento di presenza. Setacciamo e registriamo un villaggio intero da mezzanotte a mezzanotte. 970 ritratti. L’immagine sarebbe scomparsa dopo una manciata di anni”.  Collante catabatico. Vento freddo confonde i contorni catturando foglie, detriti, filamenti.  Cose compresse, essiccate, congelate. Coriacea. Materia che diventa superfice corazzata, liscia o increspata da soffi di nevischio. “Condensare frammenti per racchiudere il tempo di metamorfosi della materia”. Coperte di viaggio, mantelli di ritagli montati a secco. “Tende, ripari portatili per l’homo vagus. Umanità spinta via dalla guerra, dall’iniquità. Movimento forzato, non movimento nomade”. Cenci appesi come quadri, stropicciati e sdraiati, riuniti con i cavi a un’unica cima. Cargo leggero per carichi pesanti. “Cumulo di sassi impressi da parole della Resistenza. Belluno 2013. Un lavoro a tante mani, deportato al fiume, di notte”. Calchi di memoria-presente che resistono nell’interstizio indefinito del bagnasciuga. Coste battute, no man’s land. Clandestino non consultabile. “Diario segreto di pile di appunti, di studi, imprigionati e sovrapposti l’uno sull’altro da intrichi di fili bianchi. Cancellazioni di pensieri per non lasciarne traccia. Cavità. Stare dentro la conca. “Compromesso accettabile, con la luce zenitale del cielo e l’illuminazione brutale da laboratorio. Lo spazio è espressione del tempo. Non il tempo di un risultato complicato. Il tempo che consacro al lavoro manuale”. Corridoi. “Ferri piegati e legati formano cascatelle che poi diventano muri aperti”. Muri bucati dagli occhi tra le pieghe del filo. Corolle di corone impilate come torri, precarie. Chiome di tessuto disegnano paesaggi. “Cinquecento pezzi di stoffa bagnati asciugati deformati in un certo modo e dispersi. Un procedimento invisibile ma strutturale”. Colore. “Non sono un colorista. Ho un senso del colore ma non lo ricerco”. Costumi. Sagome aeree di un discorso dettato dal tempo intorno all’idea di spazio. “Negli ultimi quindici anni ho iniziato a usare i materiali morbidi. Il ferro lo manipolo come un vestito nell’atto di avvolgere il corpo, come ho scoperto dietro le scene con Pia Rame.” Consonanze aperte. “I pezzi innescano e concatenano storie che non hanno né capo né coda.” Classificatori per iniezione. “I titoli dei lavori sono veleni immessi per deviare percorsi e ritornare sul pezzo. Essi non esistono al di fuori da presunte necessità mercantili.” Condotta da teatro per costellazione di capo-lavori.  “Collocare i manufatti per mostrarli è comporre la regia per itinerari quasi-teatrali ricavati tra campi energetici accesi da accenti pittografici muti”. Come corpi crudi